Mamadou Touré / Le ministre était l’invité de Fraternité Matin

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Mamadou Touré / Le ministre était l’invité de Fraternité Matin

« Le débat sur la perte des valeurs doit s’ouvrir, il y va du devenir de notre pays »

Promotion de la jeunesse

Les attributions de notre ministère sont claires. La politique de promotion de la jeunesse s’articule autour de quelques points essentiels. Nous avons déjà l’encadrement des associations de jeunes. Ce qui participe déjà à leur promotion. Leur encadrement, c’est tout ce que je viens de dire. Faire en sorte que ces associations puissent fonctionner normalement, que la démocratie en vigueur en leur sein marche bien et permette leur participation au processus de prise de décision. C’est en cela que l’un des premiers actes que j’ai posés à mon arrivée à la tête de ce département, c’est de faire en sorte que les jeunes siègent au comité d’orientation de l’Agence Emploi Jeune. Parce qu’il me paraît incohérent que nous ayons une structure nationale en charge de l’insertion des jeunes et que ces derniers n’aient pas leur mot à dire sur la politique mise en œuvre pour eux. Nous avons donc proposé une modification du décret en Conseil des ministres qui a été validée par le Président de la République. Mais dans des comités d’orientation de toutes les instances au sein de mon ministère et qui sont en charge de politiques à l’en- droit des jeunes. La promotion des jeunes, c’est aussi faire en sorte qu’ils soient sensibilisés à certains féaux. Et ce sont environ 200 mille jeunes qui sont ainsi sensibilisés chaque année. En outre, nous avons le Compendium des compétences jeunes mis en place par mon prédécesseur et que nous sommes en train d’actualiser. C’est une initiative qui permet de faire la promotion de ces jeunes dans différents secteurs d’activité et qui sont à nos yeux des potentiels à exploiter. Intervention étatique et politique Je suis un homme politique, porte-parole adjoint et responsable de la communication du RHDP. Alors sur mon engagement politique, il n’y a pas d’ambiguïté. Mais je fais la part des choses entre mon engagement politique et ma mission à la tête du département. Vous savez, l’Etat est neutre dans ses interventions et donc quand je me retrouve dans les initiatives relevant de mon département, c’est l’Etat qui intervient. D’ailleurs, j’ai demandé à mes collègues que nous assurions la neutralité des interventions de l’Etat. Certains disent des choses qui ne sont pas vraies. Par exemple, que pour bénéficier des chèques dans le cadre de l’opération Agir pour les jeunes, il faut avoir sa carte de militant au RHDP. D’abord, il n’y a pas encore de carte de militant au RHDP. C’est malheureux ce genre de discours. Tous les jeunes bénéficiaires de nos opérations sont sélectionnés sur la base de critères. Nous avons demandé à la Coopec de former tous les bénéficiaires de ces fonds. Et parmi eux, il y en a qui ont un engagement politique dans quelque parti que ce soit et d’autres qui ne font pas de la politique. Notre action s’adresse à tous les jeunes, qu’ils aient une appartenance politique ou non.

 

La perte des valeurs 

 

Profanation de la tombe de DJ Arafat, les enfants en confit avec la loi, les fumoirs...Ce sont des questions essentielles mais qui doivent être un questionnement de l’ensemble de la société ivoirienne. Ce n’est pas une question seulement pour le ministre de la Promotion de la jeunesse. Á l’époque, quand j’étais conseiller technique à la Présidence, j’ai eu à organiser les Assises de la jeunesse dans notre pays, en 2011, 2013 et2015. Et à cette occasion, il y a l’un des thèmes qui était déjà en rapport avec la perte des valeurs. Des sociologues, des spécialistes, des psychologues avaient diagnostiqué à l’époque que nous avons mal- heureusement, avec la décennie de crise que nous avons connue, une perte des valeurs dont les conséquences étaient dramatiques pour notre pays. Ces jeunes qui n’avaient plus de repères ! Mais ce n’est pas une accusation totale- ment démesurée, parce qu’il y a des parents qui ont totalement démissionné. Parce que, qui donne une éducation en premier aux enfants ? Ce n’est pas l’Etat ! Le premier éducateur, c’est la famille, ce sont les parents qui ont mal- heureusement démissionné. Ensuite, l’école concourt aussi à cette éducation des jeunes. C’est un débat qu’il faut ouvrir et nous remettre tous en cause. Le gouvernement, la société civile, les parents. Si on pense que tout relève du gouvernement, on se n’en sortira pas. On a tous été choqués de voir un gamin de 8 ans dire qu’il a touché le corps d’Arafat, et que sa barbe est du caoutchouc. Je me rappelle que nous étions enfants, dès que vous apprenez qu’il y a un décès dans une cour, vous ne pouvez pas passer devant la maison... Et la nuit, vous êtes terrifiés de peur que ce mort apparaisse. Vraiment, cela est choquant et amène à se poser des questions. C’est aussi les effets conjugués de la crise que nous avons connue. Nos frontières ont été poreuses, tous les rapports l’ont démontré pendant cette période. Beaucoup de drogue a circulé en Côte d’Ivoire, les gens ont commencé à s’y adonner. Mais il y a aussi la criminalité derrière cela. Vous avez des chefs de gangs qui poussent les enfants à se droguer. Et les amènent à aller agresser et leur ramener le butin. Je vois la question sous deux angles. Déjà sous l’angle sécuritaire, le gouvernement, à travers l’opération Epervier, a détruit beaucoup de fumoirs, les enfants en confit avec la loi, il y en a de moins en moins. Rappelez-vous, il y a à peine un an, il n’y avait pas un jour sans agression. Le gouverne- ment a fait preuve d’efficacité dans le traitement de cette question. Après, il y a la lutte contre la drogue, en général. Il y a une chose qui est encore plus dramatique. Dans nos lycées et collèges, on a de plus en plus d’enfants qui s’adonnent à la consommation de la drogue. C’est un phénomène dont on ne voit pas les effets aujourd’hui, mais à moyen terme, c’est-à-dire dans 5 ou 10ans, on s’apercevra des effets sur notre environnement, sur le pays. Parce que ces jeunes, s’ils constituent une force, un potentiel pour le pays, il faut qu’ils soient des corps sains dotés d’esprits sains. Il faut qu’ils soient bien formés. Mais si on a des jeunes qui sont détruits par la drogue, ça compromet notre objectif de développement. Mon ministère va continuer à sensibiliser, tandis que le ministère de la Sécurité continue de traquer les fumoirs. Il y a des caïds de la drogue qui ont été arrêtés et présentés à la télévision nationale. Mais les parents doivent éduquer aussi leurs enfants. Un parent doit s’assurer que son enfant va effectivement à l’école, suivre son enfant, parler avec le maître de maison... On ne jette pas son enfant à l’école et puis on démissionne. Il faut des états généraux sur cette question, c’est un vrai débat qui doit s’ouvrir, parce qu’il y va du devenir de notre pays.

 

Cnj et jeunesses de partis politiques

 

Oui, la jeunesse politique fait partie du Cnj. On ne peut pas non plus développer un sentiment antipolitique. Les jeunes qui sont dans la politique sont des jeunes. Pourquoi vous voulez qu’ils soient exclus de tous les processus liés aux jeunes ? C’est justement en les excluant des processus qu’on crée les phénomènes décrits plus haut. Dans la réforme, il y a deux postes. Avec 14 vice-présidents du Conseil national des jeunes. Deux vice-présidents sont pour les jeunesses politiques, un vice-président pour les jeunes de l’opposition. Et le Fpi a désigné son président des jeunes au sein du Cnj ; et un poste de vice-président pour les jeunes du parti au pouvoir, le Rhdp. On peut être jeune, politique et être membre du Conseil national de la jeunesse, à côté d’autres jeunes, ceux qui ont décidé de ne pas faire la politique. L’essentiel, c’est qu’on ait toutes les opinions qui s’ex- priment sur les problématiques qui touchent aux jeunes. Les jeunes qui ne sont pas politiques sont plus nombreux à aller vers nos guichets emplois, pour obtenir des stages de qualification dans les entreprises, ou des stages de validation des diplômes.

 

Égalité des chances

 

Quand j’ai l’occasion d’être en face des jeunes, notamment ceux qui sont de même obédience politique que moi, je ne manque pas de leur demander de se battre comme tous les autres jeunes, pour bénéficier des opportunités qu’offre le gouvernement aujourd’hui à l’ensemble de la jeunesse ivoirienne. Je leur dis que ce n’est pas parce que vous êtes militants du RHDP que le travail viendra frapper à vos portes ! A l’instar de tous les autres jeunes, vous devez vous battre pour saisir les chances qui s’offrent à vous. Voilà le langage que je leur tiens ! Je suis donc très à l’aise pour vous donner des exemples, entre autres celui de Dougoutigui que nous avons aidé à mettre sur pied une ferme. Il est loin d’être membre d’un quelconque parti politique ! Il y a aussi Ben Aziz, pionnier dans le domaine agricole, lui non plus n’est pas militant d’une formation politique. Il y a aussi le cas de ces dizaines de jeunes à qui le ministère a apporté un soutien dans le nord du pays, pour monter une unité de production de riz. Ces jeunes font d’ailleurs notre ferté aujourd’hui. La RTI a fait un reportage sur leur savoir-faire. Eux aussi ne sont pas connus comme des militants d’un parti politique. Je ne suis donc pas d’accord, quand on dit que ce sont les jeunes du RHDP qui sont les seuls bénéficiaires lorsque des financements sont disponibles. Bien au contraire. Il est clair qu’on peut faire de la politique et avoir un bon travail. L’idéal, c’est de pouvoir sortir des griffes des partis politiques, avoir son travail pour être totalement autonome, et ne pas être à la merci de ceux avec qui on fait la politique. Il ne faut non plus généraliser la situation et stigmatiser les jeunes. Bien sûr, il y a des efforts à faire. C’est clair qu’il faut qu’on revienne à certaines valeurs, qu’on soit militant de partis politiques ou pas, il faut par ailleurs qu’on marche sur certains fondamentaux.

 

La place des jeunes ruraux

 

En ce qui concerne la question des jeunes ruraux qui ne seraient pas pris en compte, il faut savoir que tout est, avant tout, question d’organisation des cérémonies. Lorsqu’on procède à des remises de chèques dans une localité, c’est l’ensemble des jeunes de toute la région qui sont concernés. Et donc, c’est de façon symbolique qu’on organise ces cérémonies dans la capitale de la région. Toujours est-il que ce sont des jeunes en provenance de toutes les localités, y compris les villages les plus reculés qui se déplacent pour recevoir les chèques. Si vous vous rapprochez davantage de nos services, vous allez vous rendre compte que la plupart des bénéficiaires sont issus du domaine agricole, donc du monde rural. Car, ce sont eux qui ont besoin de ressources pour mieux développer leurs productions agricoles. Il y a aussi des jeunes qui souhaitent développer leurs activités dans la commercialisation et l’achat d’anacarde ou de produits artisanaux. Dans la région du Gbôklè, par exemple, on s’est rendu compte que la proportion de jeunes qui souhaitent se lancer dans la pêche est très importante. Au total, nos actions touchent des jeunes issus de différents secteurs d’activité. Et donc, c’est en fonction des réalités économiques de leurs régions qu’ils font leurs demandes de financement.

 

Moyens de subsistance des jeunes politiques sans emploi

 

Si la question est posée au ministre de la Promotion de la jeunesse, je ne peux pas vous assurer une réponse. Mais, si c’est à l’homme politique, je pourrais vous apporter une réponse. Mais est-ce la tribune appropriée pour répondre à cette préoccupation ? Ce qu’il faut dire, c’est qu’il ne faut pas stigmatiser ces jeunes. Tenez, le directeur exécutif de la jeunesse du Rhdp est conseiller technique dans un ministère, doctorant en droit. Donc, tous les jeunes qui ont décidé de faire de la politique ne sont pas forcément des laissés pour compte. Ils sont nombreux ces jeunes qui ont décidé d’embrasser la vie politique, avec un niveau d’études et un job appréciable. S’ils ont décidé de s’engager, il faut, par conséquent, respecter leur engagement. Place du digital dans la politique emploi jeune Vous devez savoir que nous avons un positionnement transversal. Vous avez l’Agence nationale d’insertion des jeunes qui vient en appui à toutes les initiatives qui peuvent aider à insérer des jeunes. Et cette agence a signé une convention avec le ministère de l’Economie numérique, notamment la Fondation jeunesse et numérique qui développe des initiatives de formation pour les métiers liés au digital. Et dans le cadre de cette convention que nous allons finaliser, l’Agence emploi jeunes accompagnera l’action de la Fondation jeunesse et numérique. Mais au-delà, nous avons un fonds de garantie à la BNI (Banque nationale d’investissement) qui permet de financer tous les projets des jeunes. Je ne parle pas de petits projets tels que ‘’Agir pour les jeunes’’, qui part de100 mille Fcfa à un million, mais des projets structurants de5 millions, 10 millions de Fcfa, 20 millions de Fcfa et plafonnés à 50 millions de Fcfa, parce qu’initialement, on a eu des financements allant jusqu’à 700 millions de Fcfa pour un projet. Là, nous avons décidé de plafonner à 50millions de Fcfa pour donner le maximum de chances à tous les jeunes. Un jeune qui a un projet dans le domaine du numérique, du digital, peut bénéficier du financement de l’Agence nationale jeune. Ce qu’il faut, c’est de demander à tous les jeunes porteurs d’initiatives, surtout dans les domaines où l’on a les métiers d’avenir, de s’approcher de l’Agence emploi jeunes, de présenter leur projet, car ce sont des ressources publiques pour les aider. Ils n’ont qu’à entreprendre les démarches. Si le comité d’analyse de la BNI valide le projet et que le comité de certification que nous avons mis en place avec les experts du ministère et d’autres ministères sectoriels valident le projet, il est financé. Oui, nous finançons les projets qui mettent en évidence l’emploi dans le digital. En ce qui concerne la politique d’industrialisation, l’orientation économique est de transformer le cacao, l’anacarde, le café. Lorsque nous étions à la formation professionnelle, vous avez vu qu’avec sa Majesté le Roi du Maroc, nous avons pu obtenir et ouvrir le Centre des métiers de Yopougon. Pour la première fois dans notre pays, vous avez au sein de ce centre une filière en chocolaterie. Pour nous, c’est une avancée notable. Nous sommes le premier producteur de cacao et nous voulons le transformer en chocolat mais, nous n’avions pas de formation dans le domaine. Aujourd’hui, cette filière va accompagner cette politique d’industrialisation qui est en train de se mettre en place.

 

Taux de chômage...

 

Pour la question du taux de chômage, je ne sais plus quoi dire. On me nomme sur les réseaux sociaux Monsieur 2%, Monsieur 3%. Vous expliquez, réexpliquez mais il y a d’autres qui ne veulent pas comprendre. Finalement, on se demande si le débat est nécessaire. Peut-être une dernière fois, je vais essayer. Il y a beaucoup de confusions dans ce débat comme dans beau- coup d’autres dans notre pays. D’abord, je dis qu’on n’est pas tous spécialistes de tout. Et ce que je dis à mes interlocuteurs, c’est que les questions de l’emploi et du chômage sont techniques. Vous avez une agence internationale qui est le BIT (Bureau international du travail) à qui les Etats, les travailleurs, les organisations, les syndicats, etc., ont décidé de confier la responsabilité des instruments de mesure du chômage, des emplois décents dans nos différents Etats. Et le chômage a une définition. Maintenant, si chacun y va de sa définition, on peut discuter20 ans, 30 ans. Il y a trois critères qui rentrent dans la définition du chômage. L’Organisation internationale du travail (Oit) et le BIT considèrent qu’est chômeur une personne qui est d’abord sans emploi et qui est apte à travailler. Vous pouvez être sans emploi et ne pas être apte à travailler. Par exemple, si j’ai eu un accident qui me rend inapte, je suis sans emploi, mais je ne suis pas apte à travailler. Il faut être sans emploi, apte à travailler et à la recherche d’un emploi. Je peux être sans emploi et décider de ne pas chercher du travail. Ce sont ces trois éléments qui définissent le chômage. C’est à partir de ces trois éléments que le chômage est calculé dans tous les pays au monde. A partir de ce calcul, en France, il y a 8% de chômeurs. En Côte d’Ivoire, selon l’Oit, nous sommes à2,6% de chômeurs en 2018. Dans le dernier rapport de l’Uemoa qui date de 2017, nous étions à 3, 3% de chômeurs. Le Togo a 1,7% de chômeurs, le Niger 0,4% de chômeurs, le Burkina Faso 5% de chômeurs. Le Liberia a entre 3 et 5% de chômeurs. Quand on dit cela, ce n’est pas qu’on veut masquer la ré- alité. On dit voici la définition, et à partir de cette définition, voici ce que les gens ont fait comme calcul et ce qui ressort de là. Nous ne nous sommes pas contentés de la définition. Parfois, je pense que les gens font preuve de mauvaise foi. Ils ne rendent pas compte de ce que nous disons. C’est comme si nous sommes satisfaits du fait qu’il n’y a pas de chômage en Côte d’Ivoire. Alors qu’on multiplie des milliards pour les programmes d’insertion. C’est parce que le gouvernement s’appuie sur les critères internationaux, ce qui permet de dire qu’il y a 2,7% de chômeurs selon l’Oit et qu’il y a 3,3%en 2017 selon l’Uemoa; ces chiffres masquent une autre réalité. Dans les Etats européens, il n’y a pas d’emploi quasiment informel. Vous avez des emplois formels. En France, les gens travaillent. S’ils ne le font pas, il y a tout un système d’accompagnement d’emploi et ils pointent à la fin du mois. Or, ici, 83% de nos emplois sont dans l’informe avec pour conséquence la précarité. Beaucoup de jeunes, à travers les petits métiers, vivotent et ne rentrent pas dans la définition du chômage. Beaucoup disent que je ne travaille pas, mais je gère une cabine. Le Bit dit que c’est un emploi, car il y a une catégorie de travail, il y a des travailleurs pauvres, précaires. Pour nous, on ne peut pas s’appuyer sur un seul critère. Avec la définition du Bit, il faut aller plus loin. Nous avons un second calcul qui est le taux combiné de chômage et d’emplois vulnérables. Là, le taux est estimé à 25%, c’est-à-dire qu’on prend le chômeur au sens strict du terme, les travailleurs occasionnels dont l’emploi est précaire et qui peuvent travailler 2 ou 3 fois. Quand on tient compte de tout cela, on monte à 25%. Certains disent que la Bad a contredit le gouvernement et qu’il y a entre 70% et 80% de chômage en Côte d’Ivoire. Relisez les pages 24, 26, 27 du rapport de la BAD; la Bad n’a jamais dit cela. La Bad dit que le chômage et l’emploi informel dans nos pays dont la Côte d’Ivoire est estimé entre 70 et 80%. Alors qu’on dit que l’emploi informel est de91%, le chômage est de 2,6%. Nous pensons que la Bad elle-même a diminué les calculs. Si on prend le tout combiné, on aura les 91% d’emplois informels ajoutés à 2,6%, ce qui fera 94%. La Bad dit qu’au Togo, le chômage est de 1,7%, le taux combiné de chômage et d’emploi informel est de 90%. On a même poussé le Président du PDCI à dire que la Bad assure qu’il y a 90% de chômage en Côte d’Ivoire. Ce qui est faux. Très peu de personnes au-delà des comptes rendus ont pris le rapport de la Bad pour se faire elles-mêmes leur propre opinion. La Bad explique comment dans les Etats pauvres, comme le Niger, il y a un taux de chômage qui est aussi bas, alors que dans les pays qui ont des économies plus développées, le taux de chômage est bas. La Bad donne l’explication dans le même rapport et indique que cette incohérence s’explique. Plus les Etats sont pauvres, les populations sont obligées de faire de petits métiers pour vivoter et elles sortent de la définition du chômage. En France par exemple, un jeune Français travaille rarement dans l’informel, mais plus les gens sont pauvres, plus ils s’adonnent à de petits métiers. Quand ils le font, ils sortent de la définition du chômage. Donc, il n’y a aucune incohérence. Tout est dans le rapport de la Bad. Ce qui est frustrant, c’est que quand on a fin de donner ces définitions, on entend des gens dire que le ministre de la Promotion de la jeunesse affirme que le taux de chômage en Côte d’Ivoire est de 3%...C’est difficile. On explique une réalité. Le ministre Sidi Touré, mon prédécesseur, a donné ce taux et un de vos collègues m’a posé la question de savoir si ce taux est vrai. Je dis oui, c’est vrai, mais nous ne nous limitons pas à ce taux parce qu’il y a d’autres réalités qu’il faut prendre en compte. C’est cette partie du discours que certains ont fait semblant de ne pas entendre et ils soutiennent que le gouvernement nie la réalité. Mais, si le gouvernement nie la problématique de l’insertion des jeunes, pourquoi avoir mobilisé 141 milliards de F Cfa pour chercher à donner des opportunités à un demi-million de jeunes en vue de leur permettre d’avoir ou d’accroître leurs activités dans le cadre de l’opération Agir pour les jeunes ?